30.06.2006
Chroniques du concert
"ces trois oiseaux perchés sur la branche de la nouvelle chanson française tracent un sillon régulier dans notre espace sonore." L'intégralité des chroniques du concert au Dimanche Martin Bucer est juste là.
"Le pouvoir du chat" trio
Griffes rétractiles, souplesse du squelette, douceur du poil, précision de l'ouie, longue est la liste tant le petit mammifère aux oreilles triangulaires concentre en lui-même les qualités d'une créature sophistiquée. Et de ces atouts qui, étroitement rassemblés, forment un pouvoir de domestication du réel, une intelligence au service d'une volonté farouche d'inscrire l'organique dans un réseau de matière, apparaît un système musical à trois têtes. Sur cette base favorable, et loin d'épuiser la source hautement symbolique - qui aurait la folie de le prétendre - ces trois oiseaux perchés sur la branche de la nouvelle chanson française tracent un sillon régulier dans notre espace sonore. Evitant l'écueil d'une posture olympienne, entendons la monotonie lascive du félin étendu de tout son long sur le canapé, un dimanche après-midi dans sa période digestive (téléviseur crachotant plein pot) ces musiciens-là renâclent à la facilité d'une composition trop savante pour demeurer
fidèle à l'instinct du rythme primitif. Absence de chat, danse de souris. Qui est Tom, qui est Jerry?
Prédateur contre proie. Musique et contrepoids. Rufus
Le Pouvoir du Chat se produisait hier soir 28 mai 2006 au Dimanche Martin Bucer, autrement dit au Multi atelier d’Arnaud Poiré, 4 rue Martin Bucer à Strasbourg. Le Pouvoir du Chat réunit un percussionniste, David Brebbia , un guitariste chanteur,Steve Letho Duclos , et pour notre envoûtement et un plaisir toujours renouvelé, Annabelle Lucas Paguet , que nous avions déjà beaucoup aimée avec les Triolettes. Equipée de sa panoplie magique d’instruments divers, elle nous émerveille au violon, à l’accordéon, à la scie musicale, à la clarine, et, accessoire remarquablement adapté à notre magnifique arrière saison, aux escargots (des gros de Bourgogne, vidés, je précise). Pour tous ceux qui n’ont pas amené leur mère, ne sont pas venus ou n’ont pas approché la scène, voici la liste des morceaux qui se trouvait au pied des micros : Icare, Sur la plage, L’étrange sexualité de tes rêves, Tourniquet, A l’horizon, Astrid, Samba, Ce jour.
A elle seule, la chanson interprétée par Annabelle « Samba » valait le déplacement par mer depuis l’autre bout de la planète… Du bout des doigts, au rappel, apporta la conclusion finale à ce familial concert, 7 enfants, un bébé, un nouveau né de 4 mois, fils du chanteur, sa mère, sa grand mère, d’autres primipares et multipares, des pères, au moins un oncle, des sœurs de cœur, aucun chat (visible). En after, projection du court « On les a tous couchés » de Fanny Walter qui assure pour le Multi atelier, la couverture photo des DMB.Prochain DMB le 25 juin : Sylvie Simon, installation
CEF pour le Multi atelier.
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